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Interview de Guillaume Prébois, auteur du livre "Le tour du monde en 80 jours et à vélo"

Cette semaine on accueille un invité de marque : Guillaume Prébois ! Il a bien voulu se prêter au jeu de l'interview et répondre à nos questions sur son tour du monde en 80 jours et à vélo. Il raconte son périple dans son livre "Le tour du monde en 80 jours et à vélo". C'est un livre qu'on a adoré, qui se lit facilement et rapidement. Dès les premières lignes, vous serez plongé au cœur de cette belle aventure ! Mais avant de courir acheter son bouqin, découvrez son interview!

 

PS : Découvrez les photos et les vidéos de son tour du monde en bas de l'interview !

1. Bonjour Guillaume, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

J'aime me définir comme un journaliste-cycliste. Après des années de journalisme classique en tant que correspondant de radios, journaux et télévisions en Italie, j'ai opté pour une nouvelle vie: pédaler et écrire. J'ai 41 ans et encore quelques beaux projets en tête.

2. Vous avez fait un TDM en 80 jours et à vélo que vous racontez formidablement bien dans un livre. Nous savons que vous êtes un passionné de vélo mais comment vous est venue l’idée de vo

Après avoir pédalé avec une notion de performance sur L'Autre Tour ou le Tour à l'eau claire (couvrir le Tour de France un jour avant les pros, idée de départ du film La Grande Boucle qui vient de sortir) ou Les 3 Grands Tours (enchaîner en solitaire le Tour d'Italie, le Tour de France et le Tour d'Espagne), j'avais envie de réaliser un grand voyage. Le Tour du Monde me trottait en tête, mais pour des raisons géopolitiques, beaucoup de pays étaient dangereux à traverser si j'avais opté pour un tour du monde traditionnel au niveau de l'équateur. Par ailleurs, le journal Le Monde ne pouvait pas relayer mon aventures pendant des mois et des mois...Le mythe des 80 jours a fait surface et j'ai aménagé le parcours du livre de Jules Verne pour qu'il soit réalisable: il me fallait quand même pédaler 200 km par jour pendant presque 3 mois. Jusqu'à 1 mois du départ, nous n'avions pas le budget, je m'entraînais donc sans savoir si j'allais partir. Difficile mentalement.

Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés
Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés

3. Durant ce voyage, vous étiez accompagné de 2 personnes. Qui étaient vos compagnons de voyage ? Pourquoi eux? Quels étaient leurs rôles ? Comment ont-ils vécus ce périple ? Comment vivie

Ce sont des amis: Christophe et Bruno, l'un a 10 ans de moins et l'autre 10 ans de plus. A l'époque, ils n'étaient pas mariés et leur profession indépendante leur permettait de se libérer 3 mois. Ils ont assuré le suivi au sens large: ils conduisaient à tour de rôle le camping-car, préparaient les repas et ravitaillements, Bruno lavait mon linge et Chris nettoyait le vélo pendant que j'écrivais l'article du journal que nous transmettions chaque soir par valise satellite. L'entente était parfaite. J'ai juste poussé une gueulante quand on s'est perdus en Australie le 40ème jour: partis après moi, ils étaient sur une route parallèle et j'étais livré à moi-même, sans réseau de téléphone, avec 2 bidons et la pluie...

4. Le tour du monde de Phileas Fogg ne passait pas par l’Australie. Pourquoi ce choix de passer par l’île continent ?

J'ai dû aménager le parcours bien sûr: le héros du roman prend beaucoup le bateau. Pour que mon tour du monde ait de l'allure, il fallait que je pédale: pour traverser le Pacifique, l'idée m'est venue de pédaler à travers l'Australie, de Perth à Sydney. Cela a introduit une variété de paysages fantastiques pour mon récit. L'idée était de vivre mon aventure, dans une course fictive avec Phileas Fogg.

Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés
Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés

5. Pouvez-vous nous décrire une journée type de votre tour du monde?

Réveil à 7h. Rasage et toilette dans le camping-car. Petit déjeuner copieux tous ensemble. Départ vers 9h. 6 ou 7h de vélo sans pause. Collation. Douche. Ecriture du papier pour le journal (2h environ). Repas (souvent nous sortions dîner en ville pour rencontrer des gens et avoir des choses à raconter). Coucher à 23h30 environ (je dors peu).

6. Est-ce que pendant le voyage, vous avez eu envie de tout arrêter ? Avez-vous eu des doutes sur votre capacité à réussir ce challenge? Comment gériez-vous votre forme physique ?

Le premier jour, à la sortie de Paris, j'ai pris une averse terrible sur le dos. Arrivé au bout de l'étape, à Tonnerre dans l'Yonne, j'étais déjà rincé et j'ai dit à mes amis: "Attendez, il reste encore 79 jours comme ça?". J'ai eu un problème au genou jusqu'en Italie, parce que ma selle était légèrement trop basse: dès que je m'en suis rendu compte, j'ai corrigé et le début de tendinite a disparu. Après, le corps s'adapte à la fatigue et on pédale avec les nerfs. J'ai terminé ce périple épuisé mais je ne m'en rendais pas compte. J'ai payé la note quelques mois plus tard avec un "burn out" et des crises d'angoisse qui m'ont conduit à l'hôpital pour des examens cardiaques.

Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés
Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés

7. On a forcément des galères pendant un aussi long voyage. Quelle est celle qui vous a le plus marquée?

J'ai eu la chance d'éviter la chute, qui peut survenir rapidement avec le manque d'attention dû à la fatigue. J'avais une dent douloureuse (erreur de ne pas avoir consulté un dentiste avant le départ) qui m'a tourmenté jusqu'au bout, le nerf était presque touché. A la fin de la traversée coast to coast des Etats-Unis, j'ai eu une bonne gastro qui m'a envoyé au tapis pendant 24h, mais tout s'est bien terminé. Je crois, comme je l'ai déjà dit, que le 40ème jour en Australie fut ma plus mauvaise expérience: plus de camping-car derrière moi, pas de ravitaillement, une route déserte interminable, pas de téléphone et l'orage qui gronde. Je me suis dit: "il va falloir que j'aille à la police..mais il n'y avait pas de ville avant 200 km !." et je voyais déjà le voyage compromis.

8. Est-ce qu’il y a eu des moments où vous aviez peur pour votre sécurité et votre santé ? (Je pense notamment aux road-trains et à la chaleur).

A l'époque, j'étais totalement "inconscient", je me sentais un peu invincible, mon corps endurait tout sans broncher. Je n'ai donc pas eu peur. La chaleur dans le désert du Nevada est terrible, c'est vrai: elle vous dessèche. J'ai dû pédaler 2 jours avec les chaussures ouvertes tellement mes pieds avaient gonflé. Il faut prévoir une paire de chaussures plus grande pour ces endroits de la planète. Question sécurité, nous n'avons fait aucune mauvaise rencontre, alors que nous dormions au milieu de nulle part. La seule fois où on nous a réveillés de nuit, c'était la police américaine qui voulait nous faire déguerpir d'un parc interdit aux camping-car (mais aucun panneau ne l'indiquait).

Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés
Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés

9. Quel est votre plus beau souvenir? Quel est le plus bel endroit que vous ayez traversé ?

Je crois que le côté sauvage de l'Australie est imbattable (les villes, par contre, sont banales). Je n'ai pas regretté d'avoir fait un détour de 30 km pour voir les baleines qui viennent accoucher sur la côte sud. Un spectacle rare.

10. Comment les gens que vous croisiez en route appréhendaient votre aventure ? Est-ce que faire ce tour du monde en vélo n’était pas finalement un excellent « facilitateur » de rencontres ?

Les gens sont incrédules quand on évoque un tour du monde en 80 jours, justement parce que cela relève du roman et de l'imagination. Nous avions des vêtements identiques, Chris, Bruno et moi, et les gens comprenaient en nous voyant que nous faisions partie d'une expédition. Beaucoup venaient poser des questions. Les Australiens sont les plus sociables (les Américains ignorent les cyclistes, les Européens sont blasés et les Indiens me prenaient pour un extra-terrestre). Je me souviens de ce duo de cyclotouristes qui faisait le tour de l'Australie. L'un d'eux, à qui je demandais pourquoi il s'était lancé dans cette aventure, m'a répondu: "Pour raconter à mes petits enfants ce que j'ai fait et non pas ce que j'aurais voulu faire". Une belle formule que je reprends à mon compte.

Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés
Auteur : Guillaume Prébois / Tous droits réservés

11. Malgré cette course contre la montre pour terminer votre TDM en 80 jours, est-ce que vous avez eu le temps de profiter des pays traversés ? Lequel avez-vous préféré?

La particularité de ces voyages est justement de proposer 95% de campagnes et 5% de villes. Je passais mes journées à observer les paysages et à chercher des mots pour les restituer au mieux dans mes écrits (j'enregistrais mes idées sur un dictaphone que je gardais dans la poche). J'ai beaucoup aimé l'Inde, parce qu'elle propose une rupture totale avec ce que nous connaissons: des gens partout, une chaleur humide, des parfums d'épices, des singes sur la route.

12. Est-ce vous recommanderiez à nos lecteurs de se lancer dans une telle aventure ? Pourquoi ? Avez-vous des conseils à leur donner ?

Beaucoup de cyclistes voyagent à travers le monde. Mon aventure était chronométrée, telle était sa spécificité et il vaut mieux l'éviter, cela introduit une pression constante. Je conseille surtout aux gens de réaliser leurs projets rapidement, de ne pas remettre à demain, parce que la vie change parfois brutalement. Les gens sont fascinés par les carrières professionnelles et l'argent: à 60 ans, ils se rendent compte qu'ils n'ont pas vécu.

En Images :

En vidéos :

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